La population mahoraise est issue d'un métissage entre les populations d'origine bantoue et les différentes vagues d'immigration, principalement malgache. En 35 ans, cette population a été multipliée par 5, pour atteindre 160 265 habitants en 2002. L’île se caractérise par une très forte densité : 430 habitants au km² contre 107 pour la France entière. La population est de plus en plus concentrée autour d'un pôle urbain, Mamoudzou, chef lieu de l'île qui absorbe plus de 45 000 habitants (28% de la population totale).

La natalité élevée et l'immigration, essentiellement clandestine (en savoir plus : lutte contre l’immigration clandestine), en provenance des îles voisines, sont à l'origine de cette croissance démographique très importante : le taux d’accroissement annuel moyen enregistré entre les deux derniers recensements est de 4,1 %. La population mahoraise est jeune : 56 % de la population totale a moins de 20 ans, pourcentage le plus élevé de tous les territoires français. Cette population est marquée par le drame de l’immigration clandestine : un habitant de Mayotte sur trois est un étranger en situation irrégulière, c’est-à-dire au moins 50 000 personnes.

Mayotte, terre de traditions

La religion musulmane, implantée à Mayotte depuis le XVème siècle, occupe une place majeure dans l'organisation de la société. 95 % des Mahorais sont d'obédience musulmane et de rite sunnite, mais leur pratique de l’islam est modérée.

Le droit coutumier inspiré du droit musulman et des coutumes africaines et malgaches s'applique aux seuls Mahorais ayant conservé leur statut personnel, comme le permet l'article 75 de la Constitution. La loi du 11 juillet 2001 relative à Mayotte maintient l'existence de ce statut civil de droit local et précise les possibilités d’y renoncer au profit du statut civil de droit commun.

Les domaines d’application du statut civil de droit local sont précisés par la loi programme pour l’Outre-Mer (LOPOM) du 21 juillet 2003 : l’état et la capacité de personnes, les régimes matrimoniaux, les successions et les libéralités. La LOPOM interdit la polygamie pour les jeunes hommes en âge de se marier au 1er janvier 2005 et la répudiation des femmes, et établit l’égalité successorale entre hommes et femmes. En outre la loi relative à l’immigration et à l’intégration du 24 juillet 2006 confie au seul officier d’état civil la célébration du mariage civil, alors que précédemment le mariage célébré devant le cadi en droit local pouvait être validé en droit commun par la présence simultanée d’un officier d’état civil.

Les litiges nés de l'application du droit local sont de la compétence soit du tribunal de première instance soit de l’activité des cadis, elle même placée sous le contrôle du Parquet et susceptible de cassation par le Tribunal de Mamoudzou.

Personnalités politiques

  • Députés : Ibrahim ABOUBACAR et Boinali SAID TOUMBOU
  • Sénateurs : Thani MOHAMED et Abdouroihamane SOILIHI
  • Président du Conseil Général : Daniel ZAÏDANI (www.cg976.fr)
  • Président de l’Association des Maires : Amedi BOINAHÉRY IBRAHIM
  • Conseillère Economique et Social : Anziza MOUSTOIFA

Généralités institutionnelles

Le Département de Mayotte comporte 19 cantons, 17 communes et représente deux circonscriptions électorales (2 députés et 2 sénateurs). S’y ajoutent 7 syndicats intercommunaux, qui marquent l’importance de l’intercommunalité dans l’île. En première instance la justice est rendue par le tribunal de première instance composé de 6 juges du siège et de 3 parquetiers. En appel, la justice est rendue par le tribunal supérieur d'appel composé d’un premier président et d’un procureur général, 2 autres magistrats y siègent également. Au total, le tribunal compte 13 magistrats. La justice administrative est rendue par le tribunal administratif de Mamoudzou dont les magistrats viennent régulièrement de la Réunion.